Le risotto, c’est l’une de ces recettes qui semblent intimidantes de loin et qui deviennent vite obsessionnelles une fois qu’on a compris le geste. Pas de magie là-dedans, juste de la présence, une louche après l’autre, et un bon fumet de poisson comme âme du plat. Avec les moules, c’est particulièrement généreux : elles parfument tout le riz en cuisant dans le bouillon, et leur jus naturel s’incorpore discrètement à chaque louche. C’est une recette de base, qui une fois qu’on la maîtrise, on peut l’habiller avec tout ce que la mer nous donne : palourdes, crevettes, noix de Saint-Jacques, étrilles…
Temps de préparation :
- 10 min préparation
- 20 min cuisson
- 2 personnes
Ingrédients :
- Riz à risotto (Arborio ou Carnaroli)125 g
- Fumet de poisson – ½ litre
- Moules vivantes – 1 grosse poignée
- 1 Oignon
- 1 petit verre vin blanc sec
- 35 g Beurre
- 30 g parmesan râpé
- Persil ciselé pour servir
Accord vin :
Un chardonnay minéral — un beaujolais blanc, un Mâcon-Villages ou un petit Bourgogne aligoté. Quelque chose de frais et tendu qui répond à l’iode sans s’écraser dessus.
Préparation étape par étape :
- Portez le fumet à frémissement dans une casserole et maintenez-le chaud tout au long de la cuisson — c’est un point que beaucoup négligent, et pourtant c’est essentiel. Un fumet froid ajouté au riz casse la cuisson et donne un risotto collant. Plongez les moules dans ce fumet chaud, couvrez, et retirez-les dès qu’elles s’ouvrent. Réservez-les et gardez le fumet, il est maintenant doublement parfumé.
- Dans une casserole à fond épais, faites fondre 15 g de beurre à feu moyen et faites-y revenir l’oignon émincé finement jusqu’à ce qu’il soit translucide et doux, sans coloration. Il faut une bonne poignée de minutes — on ne précipite pas cette étape, c’est la base aromatique du risotto.
- Versez le riz et faites-le nacrer deux minutes en remuant — les grains doivent devenir légèrement translucides en surface tout en gardant un cœur blanc. C’est cette étape qui va lui permettre de tenir la cuisson sans se transformer en bouillie. Puis déglacez avec le vin blanc et remuez jusqu’à évaporation complète. L’alcool s’en va, les arômes restent.
- Commencez l’ajout du fumet, louche par louche, en remuant régulièrement et en attendant chaque fois que le liquide soit presque totalement absorbé avant d’en ajouter une nouvelle. C’est ce geste répété, patient, qui libère l’amidon du riz et crée cette onctuosité caractéristique. Comptez 18 minutes pour un riz légèrement croquant, 20 minutes pour un riz fondant ; c’est une question de goût personnel.
- Quand le riz est cuit à votre convenance, retirez la casserole du feu. C’est le moment de la mantecatura — l’étape italienne qu’on ne saute jamais : ajoutez les moules réservées, le reste du beurre froid coupé en dés et le parmesan râpé. Remuez tranquillement en soulevant le riz jusqu’à ce que le beurre soit fondu et le parmesan incorporé. Le risotto doit être crémeux, coulant légèrement dans l’assiette — jamais sec, jamais figé.
- Servez immédiatement dans des assiettes creuses bien chaudes, avec un peu de persil ciselé et un dernier tour de moulin à poivre. Le risotto n’attend personne, c’est lui qui commande à table.
Le petit mot du cuisinier :
Le fumet, c’est vraiment l’âme de cette recette. Si vous en avez un fait maison, avec des arêtes de poisson, des têtes de crevettes, quelques légumes, la différence est saisissante. Mais un bon fumet du commerce fait très bien l’affaire. Et n’oubliez pas : cette recette est une base. Avec les mêmes gestes et le même fumet, vous pouvez remplacer les moules par des palourdes pêchées à marée basse, des noix de Saint-Jacques poêlées ajoutées au dernier moment, ou même un mélange des deux. C’est exactement ça, la cuisine de la mer ; on prend ce que le jour nous donne, et on fait avec générosité.


